Wikong, chefferie de Kanintshin — L’accès à l’eau potable reste une préoccupation majeure pour les habitants de Wikong. Sources insuffisamment entretenues, eaux exposées aux impuretés, longues files d’attente et insuffisance de points d’approvisionnement rythment le quotidien de nombreuses familles.
Une enquête de terrain menée le 3 octobre 2026 par Mwin Médias dans plusieurs quartiers de Wikong met en lumière les difficultés rencontrées par la population pour accéder à une eau destinée à la consommation et aux besoins quotidiens.
Des points d’eau dans un état préoccupant
L’équipe de reportage de Mwin Médias s’est rendue dans plusieurs quartiers, notamment Wikong-centre, Malal, Ngal-Maw, Masol et Kapushil.
Dans plusieurs points d’eau visités, l’état des installations et les conditions d’approvisionnement suscitent des préoccupations. Certaines sources apparaissent insuffisamment entretenues et exposées à différentes formes d’impuretés. Dans certains endroits, la coloration de l’eau soulève également des interrogations chez les habitants.
Ces observations ne permettent toutefois pas, à elles seules, de déterminer si l’eau est potable. Seules des analyses de laboratoire peuvent confirmer sa qualité microbiologique et physico-chimique.
Au-delà de l’état des sources, la disponibilité de l’eau constitue également une difficulté. Dans plusieurs endroits, les habitants doivent patienter dans de longues files avant de pouvoir s’approvisionner, ce qui peut parfois provoquer des tensions entre usagers.
À Ngal-Maw, une seule source pour de nombreux habitants
Au quartier Ngal-Maw, la population semble particulièrement confrontée à l’insuffisance des points d’approvisionnement.
Une seule source d’eau ne semble pas répondre aux besoins de l’ensemble des habitants. Cette situation illustre les difficultés auxquelles sont confrontées les familles lorsque les infrastructures disponibles ne correspondent plus aux besoins de la population.
Pour les habitants, l’amélioration et la multiplication des points d’accès à l’eau potable constituent donc une attente importante.
À Masol et Kapushil, des réalités différentes
À Masol, notre équipe a rencontré maman Kato, responsable d’un point d’eau. Elle s’efforce notamment de maintenir l’ordre et de veiller à l’entretien du lieu.
Sur place, l’eau observée présente une apparence plus claire que dans certains autres points visités. Toutefois, son aspect visuel ne suffit pas à déterminer si elle est propre à la consommation. Une analyse appropriée reste nécessaire pour établir sa qualité.
À Kapushil, la responsable d’un puits évoque, quant à elle, les difficultés liées à l’entretien du point d’eau. Elle affirme être fatiguée de sensibiliser régulièrement les habitants sur la nécessité de préserver les installations.
Son témoignage met en évidence une réalité importante : l’amélioration de l’accès à l’eau ne dépend pas uniquement de la construction ou de la réhabilitation des infrastructures. Leur protection et leur entretien nécessitent également une implication régulière de la communauté.
Eau et risques sanitaires : une vigilance nécessaire
Les conditions d’accès à l’eau doivent également être considérées sous l’angle de la santé publique.
Lors d’une émission diffusée sur Radio Sans Frontière, le docteur Marc Maleng avait sensibilisé la population de Wikong aux risques liés aux maladies dites des « mains sales », notamment la fièvre typhoïde, qui peut être associée à la consommation d’eau ou d’aliments contaminés.
Dans un contexte où certains points d’eau sont exposés aux impuretés et où leur qualité n’est pas systématiquement contrôlée, la sensibilisation aux règles d’hygiène reste essentielle.
La protection des sources, le nettoyage régulier des installations, le stockage approprié de l’eau et le contrôle de sa qualité peuvent contribuer à réduire les risques liés à une éventuelle contamination.
L’adduction d’eau potable toujours attendue à Wikong
Pendant ce temps, les travaux d’adduction d’eau potable à Wikong n’ont toujours pas repris, selon les informations recueillies par Mwin Médias dans le cadre de cette enquête.
L’interruption de ces travaux prolonge les difficultés quotidiennes rencontrées par les habitants et maintient les attentes autour d’une solution durable pour l’approvisionnement en eau.
La reprise et l’achèvement des travaux d’adduction pourraient constituer une réponse importante aux difficultés actuelles, à condition que les infrastructures soient adaptées aux besoins de la population et correctement entretenues dans la durée.
Un problème qui appelle une réponse collective
La question de l’eau potable à Wikong dépasse la seule responsabilité des habitants.
Elle concerne également les autorités sanitaires, administratives, politiques et coutumières, ainsi que les différents acteurs de la communauté de Kanintshin susceptibles de contribuer à la recherche de solutions.
Pour Mwin Médias, l’urgence est double : améliorer durablement les infrastructures d’accès à l’eau et renforcer la sensibilisation de la population sur leur protection et leur entretien.
Les habitants, de leur côté, ont également un rôle à jouer dans la préservation des points d’eau disponibles et le respect des règles d’hygiène.
Car l’accès à une eau de qualité ne constitue pas seulement une question de confort. Il touche directement aux conditions de vie, à l’hygiène et à la santé des familles.
À Wikong, l’attente reste donc la même : pouvoir accéder à une eau sûre, disponible et durablement accessible.
Trésor Ngoie Mensh
Journaliste — Mwin Médias
