Les M23 fractures internes sont désormais documentées. Un rapport publié en avril 2026 par le Congo Research Group (CRG) et le Center on International Cooperation (CIC) de l’Université de New York révèle trois lignes de division profondes qui fragilisent l’ensemble du mouvement. Mwin Médias décrypte ces fractures internes du M23 qui pourraient précipiter l’implosion du groupe rebelle, comme cela s’est déjà produit en 2013.
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Sommaire
- Fracture 1 : Makenga et le Rwanda, une alliance fracturée depuis les années 1990
- Fracture 2 : La rivalité Makenga-Ngaruye, une M23 fracture interne au sommet militaire
- Fracture 3 : M23 vs AFC Nangaa, la fracture politique la plus dangereuse
- Pourquoi ces M23 fractures internes menacent tout processus de paix
Fracture 1 : Makenga et le Rwanda, une alliance fracturée depuis les années 1990
La première des M23 fractures internes concerne la relation entre le chef d’état-major, le général Sultani Makenga, et son principal soutien, Kigali. Cette relation est qualifiée de structurellement ambivalente. Malgré un historique militaire commun depuis les années 1990, les deux parties se sont souvent heurtées. Makenga a notamment été arrêté au moins une fois par les Rwandais, qui le jugent indiscipliné.
En 2009, lorsque Kigali a fait arrêter Laurent Nkunda — chef du CNDP dont Makenga était commandant de brigade —, ce dernier a menacé de se retourner contre le Rwanda avant d’être raisonné par ses pairs. En 2013, le retrait du soutien rwandais a directement provoqué l’effondrement du M23 et l’exil de Makenga en Ouganda. Par conséquent, la direction rebelle considère désormais Kigali comme un allié circonstanciel prêt à les lâcher si ses intérêts l’exigent.
Le rapport précise que Kigali a envisagé de remplacer Makenga, mais n’a trouvé aucune alternative viable. Un officier des FARDC, contacté à cet effet, a décliné la proposition. De plus, le Rwanda craint les répercussions d’un tel remplacement sur la cohésion des troupes et le moral des combattants.
Fracture 2 : La rivalité Makenga-Ngaruye, une M23 fracture interne au sommet militaire
La deuxième fracture interne du M23 oppose les deux principaux commandants militaires : Sultani Makenga et le général Baudouin Ngaruye, commandant du premier secteur opérationnel. Ces tensions remontent à la rébellion de 2012-2013, lorsque le M23 s’était scindé en deux factions rivales — l’une autour de Makenga, l’autre autour de Bosco Ntaganda. Ngaruye, alors proche de Ntaganda, avait fui avec lui au Rwanda en mars 2013.
Bien que réconcilié avec Makenga lors de son retour en 2022, Ngaruye a été écarté du commandement des opérations à Goma pour prendre la tête du secteur nord à Rutshuru. Actuellement, les deux hommes s’affrontent sur le contrôle des recettes douanières — une rivalité qui s’étend même à leurs épouses respectives, en compétition pour le contrôle de flux commerciaux lucratifs. Kigali considère Ngaruye comme un allié plus fiable que Makenga.
Fracture 3 : M23 vs AFC Nangaa, la fracture politique la plus dangereuse
La troisième M23 fracture interne oppose l’aile militaire à sa structure politique : l’Alliance Fleuve Congo (AFC), créée le 15 décembre 2023 par Corneille Nangaa. Alors que Nangaa affiche publiquement l’ambition de renverser le gouvernement de Kinshasa, Makenga concentre ses efforts sur la consolidation du contrôle territorial dans l’Est du pays. Ces deux visions sont fondamentalement incompatibles.
Un épisode révélateur illustre parfaitement cette tension : lors de l’arrivée de l’ancien président Joseph Kabila à Goma en mai 2025, Makenga aurait été désarmé par les gardes de Kabila et contraint d’attendre plusieurs heures dans une cour, tandis que Nangaa était reçu immédiatement. Cette humiliation publique symbolise la fracture de pouvoir entre les deux hommes.
Pourquoi ces M23 fractures internes menacent tout processus de paix
Le rapport du CRG et du CIC est sans équivoque : ces M23 fractures internes constituent un facteur de risque majeur pour toute négociation de paix. Des divisions similaires avaient conduit à l’éclatement du mouvement en 2013 et facilité sa défaite militaire. Aujourd’hui, l’histoire pourrait se répéter — surtout si Kigali décide, une fois de plus, de retirer son soutien.
« Le M23 est bien plus fragile qu’il n’y paraît. Ses divisions internes pourraient s’avérer plus décisives que n’importe quelle offensive militaire extérieure. » — Analyse Mwin Médias, d’après le rapport CRG/CIC, avril 2026.
💬 Et vous, pensez-vous que ces fractures internes du M23 vont s’aggraver ou se résorber ? Donnez votre avis dans les commentaires.